Toujours ce 2 janvier, une amie et moi nous rendons dans une boutique de thé… Je ne suis pas certain à 100% que c’est une PME locale mais chose certaine ça n’a rien d’une grande surface. Je pense que ça peut se qualifier de petit commerçant qu’on aurait normalement le goût “d’encourager” (les guillemets, plus tard…) à la place d’aller chez Wal-Mart, mettons.
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Je suis le premier que la présence de Wal-Mart dans ma localité a affecté, affecte, affectera. Je prétends avoir au moins la crédibilité-de-la-capacité-de-détachement, puisque si je m’appuyais sur mon nombril, je sortirais les pancartes une fois tous les mois pour vomir mon fiel contre la grosse-méchante-entreprise.
L’ampleur de l’organisation nous fait souvent perdre ce fait de vue, mais peu importe cette ampleur, Wal-Mart est un concurrent. Un compétiteur. Et on met souvent l’accent sur ses “forces”, ses atouts “démesurés” pour justifier nos attaques quasi-diabolisantes envers ce géant. Et je trouve ça un peu injuste. Facile.
Un compétiteur qui a des forces, mais aussi des lacunes par rapport au “petit-commerçant-vertueux”. Quand Marc parle de valeur ajoutée dans son commentaire à mon dernier post sur le sujet, quand Vicketteu parle de ses “nouvelles” habitudes de consommation “depuis” un changement de contexte, quand Truckeuse parle de qualité de produit, ça me rejoint et ça me permet un peu de m’appuyer sur leurs points de vue.
Wal-Mart étant mon compétiteur, il est clair que je devrai faire des EFFORTS supplémentaires lors de son arrivée dans mes plate-bandes si je veux survivre. Je devrai miser sur MES avantages concurrentiels pour que le consommateur face le choix de venir chez nous plutôt que dans la grande surface. Je pourrais travailler le produit, la présentation, l’ambiance, le service à la clientèle, c’est mon affaire de trouver ce que je pourrai travailler, parce qu’il est quasiment impossible que je puisse lui faire concurrence face au prix. Mais le prix n’est pas le seul élément-marketing d’un produit sur lequel je peux jouer pour être attrayant face au consommateur. Il s’agit d’un élément de grande importance, mais pas le seul.
Je peux faire ces efforts et tirer mon épingle du jeu, comme le font des centaines de commerçants qui, fièrement, tirent la leur depuis des années, grâce à leurs efforts, leur entrepreneuriat, leur esprit combattif et d’innovation, réussissent à réussir (!) “malgré” ce compétiteur.
Ou… je peux aussi emprunter le tunnel humide, froid et gluant du faisage pitié et utiliser le mot “encourager” et ses dérivés comme s’il s’agissait du mot “schtroumpfer” pour un nain bleu, de façon à attirer la sympathie larmoyante d’une clientèle qui finira par se tanner de mon incapacité à garder la colonne verticale, la tête haute et m’accorder assez de crédit pour aimer suffisamment mes réalisations professionnelles pour croire en celles-ci.
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Je suis pour la consommation locale. Si celle-ci m’apporte un avantage. Et c’est fort possible de me procurer un autre avantage que le prix. Que ce soit le sentiment d’appartenance (particulièrement grâce au service-client), l’expertise, la qualité du produit.
J’admets que pour le même produit, c’est beaucoup plus difficile. C’est un plus grand DÉFI. Mais ça se fait.
Je suis pour la consommation locale. Si je suis avantagé en tant que consommateur, il est évident pour moi d’aller acheter mon frigidaire chez Meubles Gilles Emond à Saint-Coeur-de-Marie plutôt que “su Sears”.
Je ne m’en fais pas un impératif religieux absolu pour tout, par contre.
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Le jeune homme commis à la boutique de thé du 2 janvier a mis au moins 4 à 5 minutes à laisser tomber son appel téléphonique PERSONNEL avant de répondre à mon amie.
Ai-je le goût de “l’encourager” malgré tout? Le mérite-t-il, s’il ne sait pas profiter des avantages concurrentiels potentiels de son commerce?
Dans tous les commerces, gros, moyens ou petits, il y a des épais qui ne savent pas comment offrir un service de qualité à leur clientèle.
Je n’encouragerais pas un commerce qui me ferait attendre inutilement, ou qui me servirait mal, ou qui ne pourrait pas répondre à mes questions.
La grosseur du commerce n’est pas un facteur «d’excuse» : respecte tes clients ou ferme ta boutique !
garamond
January 6th, 2009
Par quoi commencer ?
Allons-y avec le verbe “encourager”. Je suis tellement d’accord avec ta vision, comme si “encourager” se résumait à faire une fleur, ou à “faire un don”, à la limite. Un peu comme quand les gens disent:” je “tolère” les arabes…ou les noirs, ou les xyz etc…” Tu comprends ce que je veux dire ? “Tolérer” et “encourager” sont la limite du respect, une faveur, un laisser-passer.
Et j’ai moi-même utilisé ce mot dans le post précédent, faute de…temps…vocabulaire…recherche…name it. Mais je te suis dans ce périple, on s’en va au même endroit bref.
Ensuite, (outre les nombreuses pensées qui me viennent à l’esprit) suite à tes 2 avant-derniers paragraphes, j’ai évidemment le goût de te raconter une expérience toute autre, diamétralement opposée à la tienne:
Il y a un charmant commerce d’importation au coin de chez nous: thés chinois, huiles d’olives, vinaigres de xéres, couscous, caramels et chocolats fins, beurre d’amandes etc etc…
Le proprio visite le monde entier, il spote des fournisseurs et nous fait découvrir ces merveilles du monde. Et elles ne sont pas qu’internationales: on y trouve aussi nombre de produits québécois.
Et bien à chaque fois que je rentre dans ce magasin, le proprio (car en effet on ne parle pas ici d’un employé) il ouvre une cacane de dulce de lèche ou de beurre d’érable, me fait goûter, check ma réaction, et me l’offre, ou bien me fait un rabais. Ou encore, la dernière fois, il recevait un arrivage immense de nouveaux produits et il était très occupé à classer le tout, alors que je furetais tranquillement entre les rangées. Ben le bonhomme en revenait pas d’être heureux de découvrir ses nouveaux délices et il me les montrait du haut de son back store, tout heureux, le grands sourire aux lèvres…
Je suis sortie de ce lieu heureuse d’avoir découvert des trucs, d’avoir parlé avec quelqu’un, d’avoir été témoin d’une joie, d’avoir été bien servie, conseillée, écoutée…
Ok c’était long…désolée, mais je garde mon point de vue initial : je peux me permettre ce luxe; je le prends. Quand je ne pouvais pas me l’offir, j’allais ailleurs, genre Wal-Mart.
Malgré les politiques douteuses de l’entreprise au niveau humain, j’ai déjà fréquenté leurs magasins, mais j’imagine que j’en avais vraiment besoin de ces rabais…
Vicketteu
January 7th, 2009
Payer pour entretenir l’économie québcoise (au pire canadienne) ne me dérange pas. Dans la mesure de mes moyens bien entendus…
Mais je n’ai aucune tolérance pour les gens qui ne savent pas servir la clientèle. Je suis patiente, si on me dis: “Ce ne sera pas très long, je finis ceci et je suis avec vous tout de suite” Ça ne me dérange pas d’attendre… Mais si on me fait poiroter, et qu’on ne me dit rien, ou si on me ment, ou que j’ai affaire à de l’incompétence, la madame elle n’est plus aussi patiente dans ces temps là..
Tsé c’est beau d’être pro-Québec ou pro boutique locales, mais je ne suis pas prête à payer pour du mauvais service ou de l’incompétence, peu importe la nationalité de l’entreprise!!!
KattyKane
January 8th, 2009